introduction
Qu’est-ce qu’un projet fédéral, sinon un projet dont la première vocation est de rassembler ceux qui l’adoptent ?
De fait, ce projet est déjà le fruit du regroupement volontaire des centres de notre département autour d’une dynamique commune. Cette dynamique est celle d’une identité partagée et définie par la Charte nationale des centres fédérés qui désigne les centres socioculturels comme des « foyers d’initiatives portés par des habitants associés, appuyés par des professionnels, capables de définir et de mettre en œuvre un projet de développement social pour l''ensemble de la population d''un territoire ».
Ensemble, nous faisons le constat de l’importance stratégique de nous unir pour porter plus loin nos projets, défendre nos touts, améliorer notre action et faire valoir la parole des habitants.
Ensemble, nous délimitons notre réseau comme un espace d’engagement, de solidarité et de coopération entre les acteurs des centres et avec nos partenaires. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons nous doter d’une fédération techniquement réduite : nous souhaitons qu’elle soit le pivot de notre engagement quotidien dans les centres. À ce titre, notre fédération à pour missions centrales la garantie d’une bonne communication entre nos structures et la coordination de leurs actions. La valorisation de l’action des centres étant la conséquence de ces missions premières.
La dimension plurielle de notre réseau implique aussi une diversification des modes de fonctionnement, des méthodes de travail, ainsi que la prise en compte de la diversité des espaces (fédération locale, nationale, partenariats institutionnels, thématiques, etc.) dans lesquels nous évoluons.C’est la raison pour laquelle le projet s’articule autour de trois pôles :
1. la mission fédérale de base
2. les axes de développement thématique
3. l''inscription territoriale et partenariale
Enfin, l’enjeu majeur de notre projet est de faire valoir que nos centres ne sauraient être considérés exclusivement comme des espaces de services aux habitants, ou encore co mme des espaces d’aide et de loisirs. Les centres socioculturels sont des espaces de citoyenneté active, d’Éducation populaire. En tant que tels, nous sommes concernés par les politiques publiques, les contraintes matérielles, le contexte social et économique qui fragilise nos concitoyens…
À travers ce nouveau projet, nous nous donnons les moyens de renforcer nos actions, de développer notre engagement citoyen, d’améliorer le quotidien pour tous dans nos villes et nos quartiers. Notre fédération sera ce que nous en ferons, elle est l’outil qui nous permet de travailler ensemble à la transformation sociale qui est le fondement historique des centres sociaux et socioculturels.
la mission fédérale de base
Elle représente la définition collective de la fonction fédérale. C’est cette mission qui justifie en premier lieu l’adhésion des centres, qui rassemble autour de préoccupations fondamentales partagées. Elle se construit en lien étroit avec les instances statutaires, soutenues par une équipe de salariés et les acteurs de notre réseau. C’est la fonction fédérale pérenne : elle représente la politique des centres socioculturels fédérés. Réunis en Assemblée Générale, nous avons retenu six orientations majeures pour cette mission.
renforcer la représentation politique et la reconnaissance technique des centres fédérés
La représentation politique des centres relève d’une démarche participative. Ce sont les Centres, en se fédérant, qui élaborent ensemble une posture et une stratégie pour promouvoir leur politique générale. La représentation politique incarne ll’engagement collectif et volontaire des centres.
Pour ce qui est de la reconnaissance technique, l’enjeu de cette orientation consiste à faire valoir l’expertise des Centres socioculturels dans la conduite de projets portant sur le développement social local. Cette reconnaissance des Centres par nos partenaires est une des clefs de la pérennité de notre projet.
produire des références et des outils communs
La production de références partagées constitue le socle de toute démarche fédérale vivante. Un réseau dynamique fait évoluer ses références, s''adapte à son environnement tout en agissant sur lui. Il produit des outils qui favorisent la maîtrise et le développement du projet.
organiser l’animation et la coordination des projets fédéraux
Animer un projet collectif c’est en assurer la logistique au sens large : en organiser la préparation et la mise en œuvre avec les porteurs du projet, communiquer autour de la démarche, mobiliser les ressources et les moyens nécessaires, en garantir une utilisation optimale et conduire le processus d’évaluation.
La coordination vise quant à elle la cohérence des différents projets : ils servent tous à leur échelle, la promotion du projet centre social, et doivent à ce titre s’enrichir et se renforcer réciproquement.
assurer l’accompagnement et la conduite du changement
Les profondes mutations de notre société, la crise économique, la redistribution des compétences et prérogatives publiques, l’évolution des pratiques professionnelles, mais surtout la précarité, l’exclusion, l’individualisme, la consommation de masse, etc. sont autant de préoccupations centrales pour les centres socioculturels. Leur démarche globale prend en compte l’individu-citoyen, acteur de son environnement.
L’information, la formation des salariés et des bénévoles, la veille et l’observation, l’analyse, le conseil sont autant de moyens nécessaires à une adaptation permanente des centres à leur environnement et aux besoins des habitants.
mieux communiquer en interne et en externe
Le travail en réseau nécessite un système de communication et d’information efficace. Sa mise en œuvre et sa consolidation représentent une priorité opérationnelle qui sera au service de l’ensemble du projet fédéral. L’Education populaire et le développement social participatif représentent des manières de travailler que nous souhaitons faire connaître.
Mais la diversité des projets implique aussi que nous échangions au sein même de notre réseau, que les expériences, les acquis, les compétences se partagent.
optimiser le fonctionnement du centre fédéral
La mission fédérale de base repose en grande partie sur une équipe de salariés et de bénévoles et un équipement fédéral : des locaux, une logistique, des outils. Cette équipe et cet équipement sont au service du projet et doivent à ce titre adapter leur fonctionnement, renouveler leurs outils, renforcer leur efficacité et enfin, assurer leur entière transparence vis-à-vis du réseau et de ses partenaires.
Le travail de fond d’ores et déjà entrepris dans ce sens se poursuivra.
les axes de développement
Notre réseau est porteur d’initiatives innovantes, de projets ambitieux et d’expertises thématiques diverses. Notre identité repose sur ces projets. La dimension participative du fédéralisme implique quant à elle une interaction permanente entre la Fédération et les Centres adhérents. La dynamique vivante repose sur notre capacité collective d’innovation et de développement de nouvelles expertises.
C’est pour cela que les axes de développement thématique constituent un pôle majeur de l’engagement fédéral. Leur fonctionnement reposera sur une méthodologie commune définie à travers un cahier des charges partagé (Cf. Méthode projet). Ils se construisent sur le mode projet et sont portés par des équipes projet qui en définissent les objectifs, les actions, qui produisent les outils adaptés, les diffusent, etc. Le principe de ces axes de développement est l’engagement volontaire des acteurs salariés et bénévoles des centres.
inscription partenariale
La pertinence du projet repose sur son ancrage local. En ce qui concerne le projet de notre fédération départementale, son ancrage est d’abord de l’ordre de la proximité et de l’interaction forte avec ses membres. Mais il est indispensable de mettre en lumière la capacité collective à s’engager avec des partenaires, d’autres réseaux, à d’autres échelles territoriales. Développer des projets à des échelles pertinentes, avec des partenaires (institutionnels ou non) experts et engagés sur des préoccupations que nous partageons, représente un enjeu important pour la promotion de notre projet.
La Fédération départementale des centres sociaux et socioculturels du Bas-Rhin fait partie d’un réseau national. Elle est à ce titre naturellement engagée dans divers espaces de travail : au niveau régional pour développer la formation des acteurs salariés et bénévoles, au niveau inter régional pour la mise en place d’une plate-forme d’initiatives et l’échange, au niveau national en ce qui concerne les orientations nationales pour lesquelles notre réseau tient à porter son engagement au service de tous.
Notre fédération est enfin engagée, à travers un grand nombre de projets, auprès de partenaires importants que ce soit sur les champs de l’économie sociale et solidaire et du développement de la vie associative, de l’Éducation populaire, de la lutte contre les discriminations, etc. Ces partenariats thématiques et la prégnance du mode projet dans l’ensemble de notre démarche nous conduisent naturellement à souhaiter privilégier les conventions pluriannuelles et la négociation d’objectifs partagés avec l’ensemble de nos partenaires. Et ce dans le but de mutualiser nos intérêts et nos préoccupations dans une réelle démarche de soutien réciproque.
la méthode projet
Chaque action, chaque chantier initié par la fédération ou par un groupe de centres pour l’ensemble de notre réseau pourra se référer à un même cadre méthodologique : la méthode projet dont nous définissons le cahier des charges collectivement.
Les équipes projet : chaque chantier est porté par une équipe. On distinguera les commissions, mises en place par le Conseil d’administration fédéral (en particulier pour la mise en œuvre de la mission fédérale de base), des groupes projet créés à l’initiative de plusieurs centres qui souhaitent développer un travail en réseau (axes thématiques).
Le référent politique : bénévole ou salarié membre de l’équipe projet, il est mandaté par le CA fédéral pour représenter la fédération en ce qui concerne l’objet de travail du groupe ou de la commission. Il est en charge d’assurer le lien entre son équipe projet et les instances fédérales pour le suivi politique du dossier.
Le référent technique : partenaire opérationnel du référent politique, il assure le suivi logistique, administratif et financier du dossier porté par l’équipe. Les référents assurent conjointement l’animation de l’équipe projet.
Diagnostic : un diagnostic initial permettra de mettre en perspective les enjeux de la démarche, d’en montrer la pertinence et enfin, de mesurer les effets du projet sur son environnement.
Objectifs de travail : la formalisation des objectifs de travail que se fixe l’équipe projet permettra non seulement de communiquer au sein de notre réseau et avec nos partenaires, mais aussi de préparer l’évaluation du chantier et de mettre en évidence son inscription dans le schéma général du projet fédéral.
Moyens mobilisés : déterminer les moyens humains et matériels nécessaires, porter collectivement l’économie générale du projet, est une des responsabilités des équipes projet. Cela permettra en particulier de formaliser une contractualisation claire entre les centres, la fédération et les partenaires engagés, en précisant la prise en charge matérielle de chacun des acteurs.
Organisation : de la définition des moyens découlera la formalisation d’une organisation et d’un fonctionnement ad hoc de l’équipe projet (répartition des tâches en particulier). La formalisation de cette organisation permettra à l’ensemble des centres et de nos partenaires de s’approprier la démarche.
Planification : planifier le travail et communiquer cette planification sera pour nous la garantie d’une démarche opérationnelle efficace et évaluable en termes de résultats concrets.
Production : dans la même logique opérationnelle, les équipes projet viseront la production de résultats partageables (documents, outils, références, etc.) qui favoriseront le développement qualitatif des centres.
Communication : la planification des projets tiendra compte de leur communication en lien avec les outils fédéraux. La valorisation de nos actions sera ainsi un élément intégré et systématiquement pris en compte.
Evaluation : l’évaluation systématique sera en outre un élément de production. Considérée comme telle, elle constitue un objet de travail spécifique qui permettra une efficacité et un réajustement pertinent des actions et projets de la fédération.
Budget prévisionnel : chaque projet donnera lieu à une projection budgétaire spécifique. Celle-ci constituera le socle contractuel entre les centres impliqués et la structure fédérale. Elle tiendra compte des coûts de pilotage qui seront négociés et pris en charge dans la cadre du budget fédéral.
Conventionnement : chaque projet, ainsi que son organisation et son financement feront l’objet d’une convention explicite entre les acteurs engagés (centres, fédération, partenaires).
Le rôle de la fédération : représentant légitime des centres fédérés, le CA sera l’instance de coordination et de valorisation de nos projets. Le centre fédéral, base logistique et opérationnelle, fournira les outils garantissant la transversalité des projets mis en œuvre.
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